La Gloire

Bronze, H 45 x 15 x 25 cm La Vanité de la Gloire

 

C’est la première sculpture que j’ai réalisé sur les Vanités. C’est une dérision de la statue équestre de Louis XIV, qui est une des plus belles oeuvres érigées à la gloire d’un homme. Mais, au lieu d’être monté sur un cheval, le personnage est assis sur une chèvre à la fois maigre et ventripotente qu’il écrase de son poids. Il tient à la main son bâton de commandeur et l’intérêt de cette sculpture vient de la dissociation entre la pose altière et le ridicule de la mise en scène.

Vous remarquerez à l’arrière de la sculpture l’humour né de la différence entre les chairs flasques du personnage et le derrière osseux et anguleux de la chèvre. Sur la face antérieure du socle, se trouve un médaillon symbolisant la Gloire au travers de trois Grâces tenant une couronne de fleurs.

Il se trouve que des personnes ayant un rôle social très important dans notre société ont acquis cette sculpture comme s’ils voulaient, de la hauteur où ils se situent, ne pas tomber dans cette vanité, et avoir sous leurs yeux quelque chose qui le leur rappelle.

Le juge

Bronze – H 89 x 26 x 44 cm La Vanité de la Justice 

J’ai représenté un personnage de Juge gonflé d’orgueil, bouffi de sa propre importance dont le doigt est passé de l’accusation à la domination. On peut remarquer que ce juge est fermement appuyé sur son livre de lois. Ce personnage de Juge à l’expression très particulière a été mis au pouvoir par d’autres personnages plus petits que lui. Chacun des trois personnages du socle représente un des symboles de la Justice : la balance, le glaive et le bandeau. Mais bien-sûr, dans la représentation de la Justice au travers du prisme des Vanités, les choses sont inversées. Normalement, la Justice a les yeux bandés, là, bien au contraire, le personnage qui tient le bandeau est sur la pointe des pieds et essaie de regarder le plus loin possible. Les autres symboles sont également inversés : le glaive n’est plus prêt à trancher mais fait plutôt office de béquille, la balance est complètement déséquilibrée.

Vous pouvez remarquer le caractère très particulier de ces personnages en totale adéquation avec le symbole qu’ils représentent.

Loin d’être inspiré par de bonnes choses comme devrait l’être un bon juge, celui-ci est inspiré par une allégorie de la mort qui tourbillonne au dessus de sa tête et qui d’un côté le conseille et de l’autre le flatte comme un chien.

Pour réaliser cette sculpture, qui présente, selon les parties, des masses très différentes, j’ai eu recours à différentes techniques de fonte et notamment de fonte de bijouterie (mains et pieds de l’allégorie de la Mort).

 

Texte qui a inspiré la Vanité de la Justice

« Voici ce que j’ai vu sous le soleil : dans l’enceinte de la justice domine l’iniquité ; au siège du droit triomphe l’injustice. Aussi me suis-je dit à moi-même : ‘Le juste et le méchant, c’est Dieu qui les jugera ; car il a fixé un temps pour chaque chose et pour chaque action’ . » (Ecclésiaste)